samedi 10 mars 2012

La kundalini : il faut le voir pour le croire


Alors que je commençais à donner un premier soin en séance de pratique supervisée, j’avais brièvement été témoin de la kundalini. Étant donné que les soins étaient ouverts au public ce matin-là, on avait coupé court et reporté le soin en après-midi, entre thérapeutes. De prime abord, le phénomène m’avait paru assez étrange. Cependant, j’étais loin d’imaginer que quelques heures plus tard, je ne serais pas au bout de mes surprises. Cette journée-là, je déjeune avec quelques thérapeutes. On fait connaissance, on partage nos impressions sur la formation et les soins. L’ambiance est légère et sympathique. J’apprends beaucoup des expériences des uns et des autres. D’autant qu’il y a des thérapeutes qui ont commencé leur formation un an avant moi. Leur bagage est riche. Dès qu’on en vient à parler de la kundalini, l’ambiance se met un peu à changer. Une thérapeute se met à partager combien la kundalini a complètement bouleversé sa vie. Une autre s’exclame que ce n’est pas tous les jours facile à vivre. Une troisième de renchérir que c’est effectivement une énergie assez incontrôlable et que ça la renverse à chaque fois. « Bon… ça commence bien ! », je pense tout haut, assez embarrassée. Quand j’avais signé mon formulaire d’inscription à la formation, on ne m’avait pas dit que ça viendrait dans le « package deal ». Devant mon visage mi-figue mi-raisin, tous m’invitent à la patience. « Attends un peu… Tu vas tout découvrir cet après-midi ! » En effet, moins d’une heure plus tard, je découvre « le » phénomène. Yvon le formateur, m’accueille avec un clin d’œil complice. « Bienvenue dans l’univers de la kundaliniiiii ! », s’exclame-t-il avec un grand sourire. Lui, la kundalini, il a l’air d’aimer ça et pas à peu près. Il m’invite à l’accompagner dans un soin. « Mets tes mains là », me dit-il. « Tu la sens ? », me demande-t-il aussitôt. « Heu… Pas vraiment… », lui répondis-je sur la réserve. Je pose les mains sur le chakra d’une personne qu’on a du mal à maintenir en place, tellement elle se cabre comme un cheval sauvage.  D’un calme olympien, Yvon me demande de simplement permettre à l’énergie d’entrer dans le chakra et de laisser la kundalini faire son travail. Il a l’air tout à fait à l’aise. Ce que j’apprends de cet après-midi ? Même si le phénomène dont on est témoin est assez surprenant, les montées de kundalini ne doivent être prises ni trop au sérieux, ni trop à la légère. Une attitude bien concentrée, silencieuse, tout en restant très détendu, est la carte gagnante pour bien canaliser l’énergie et traiter de manière efficace. Même si la puissance de la kundalini est tout à fait phénoménale, au point de convulser une personne, la meilleure assistance qu’on puisse lui offrir, c’est de rester bien en silence dans son cœur. En contact avec l’énergie. C’est là que la kundalini peut monter, soigner et libérer. À la fin de la journée, je demande à Yvon : « Mais est-ce bien nécessaire d’en passer par là ? Tout ça, ça ne me donne pas trop envie… » Il m’explique que cette énergie très puissante a le don de tout nettoyer sur son passage, d’ouvrir les chakras et d’opérer des transformations majeures chez les personnes. Il me rassure en me disant : « Ce n’est pas quelque chose que l’on force. Si elle doit monter chez quelqu’un, elle montera ! Sinon, ce n’est pas plus grave que ça. » J’avoue que ce jour-là, je n’aurais pas fait des pieds et des mains pour accéder à ce fameux « éveil ». Mais en voyant après quelques heures les visages libérés des personnes traitées, je place simplement ma conscience dans un état d’ouverture et d’accueil par rapport à ce dont je viens d’être témoin. En rentrant chez moi, j’entends ma petite voix intérieure me dire sagement : « Si la kundalini doit venir à toi, ça se fera tout seul. Lâche prise et tout ira bien ! » Je ne savais pas que ça allait déjà être mon tour à la prochaine séance de pratique supervisée. 



Anne d’Amour

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